Les Desmazières ont installé leur usine à Berkem en 1835. Ils étaient spécialisés dans la fabrication du sucre. L’usine se trouvait dans leur vaste propriété, située à mi-chemin entre la rue du Pré Catelan, la rue Sainte-Hélène et les bords de Deûle. Employant une centaine de personnes, elle fut en activité pendant une dizaine d’années.
Malgré la courte présence de leur sucrerie, les Desmazières ont eu un impact considérable dans la construction du quartier de Berkem, notamment par le financement de nombreux édifices.
Henri Desmazière fut, en effet, considéré comme un « bienfaiteur » en raison de ses nombreux investissements. Il fut à l’origine de la construction de la première église Saint-Vital, achevée en 1868.
Un an plus tard, la famille a financé la construction d’une école de filles dans la rue Berkem ; ce bâtiment est aujourd’hui celui du Centre social Acoljaq-Christian Janssens. Elle fut également à l’origine de la construction du bâtiment devenu l’EHPAD « Ma Maison », rue Georges Pompidou.
La famille appartenait à la noblesse d’Empire : Henri Desmazières était le petit-fils de Louis Marchand, valet de chambre et exécuteur testamentaire de Napoléon Bonaparte. Il lui resta fidèle jusqu’au bout, l’accompagnant jusqu’à Sainte-Hélène. Sur son lit de mort, l’Empereur lui aurait attribué le titre de comte. Bien que cette histoire fût soumise à la controverse, son titre fut confirmé par Napoléon III en 1869. Sa fille Melvina épousa le comte Edouard Desmazières et de leur union est né Henri.
C’est très probablement en lien avec cette histoire que la rue Sainte-Hélène a été nommée ainsi, ce chemin longeant l’ancienne propriété des Desmazières. Une autre rue madeleinoise porte aussi le nom de Desmazières depuis 1913.
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